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L’Association Nigérienne des Web activistes(ANIWEB) a célébré ce jour 11 octobre 2024 la Journée Internationale de la Jeune Fille


L’Association Nigérienne des Web activistes(ANIWEB) a célébré ce jour 11 octobre 2024 la Journée Internationale de la Jeune Fille.
Pour la présente édition l’Association Nigérienne des Web activistes a organisé un dialogue numerique à l’Institut Supérieur de Santé (ISS) placé sous le thème : Impact des réseaux sociaux chez la Jeune Fille. La cérémonie d’ouverture a été présidée par la Directrice des Etudes de l’ISS. En prenant la parole Mme Zakari Ramatou, a remercié l’ANIWEB pour le choix de son institut pour abriter cette activité avant de demander aux participants composés essentiellement des étudiantes de cette prestigieuse école de tirer profit des échanges. L’ISS a –t-elle rappelé a toujours placé l’éducation de la jeune fille au centre de ses préoccupations. Cette activité est à cet effet la bienvenue. Au paravent Binta Intikoye, membre du comité d’organisation, au niveau de l’ANIWEB a rendu un hommage mérité au fondateur de l’ISS Docteur Diegou Adamou et à son Directeur Général pour leur disponibilité et accompagnement pour la tenue de la présente activité. Elle a par la suite décliné les objectifs poursuivis par l’ANIWEB en célébrant pour la deuxième consécutive, la Journée Internationale de la jeune fille décrétée par l’assemblée générale des nations unies en 2011.Il s’agit de sensibiliser les jeunes filles sur l’impact des réseaux sociaux, une manière pour l’ANIWEB de faire de l’éducation numérique un levier d’épanouissement de la jeune fille.
Les deux panelistes du jour, juristes et communicateurs de formation Zeinab Mohamane Dan Kassoua et Awal Oumarou Ibrahim ont entretenu l’assistance sur les impacts positifs et négatifs des réseaux sociaux chez la jeune fille. Les jeunes filles nigériennes qui passent plus de temps sur le net avec leurs portables que les garçons s’intéressent plus aux contenus ayant un impact négatif que positif a déploré la première paneliste. C’est pourquoi tout en déclinant les conséquences néfastes du mauvais des réseaux sociaux chez la jeune fille, ils ont invité la jeunesse nigérienne et particulièrement les jeunes filles à un usage responsable des différentes plateformes numériques. Au lieu de s’exposer avec des vidéos ou des photos en déphasage avec les bonnes mœurs, les réseaux peuvent servir de cadre pour acquérir des compétences a suggéré le second paneliste, Awal Oumarou. Les présentations ont été suivies de questions d’éclaircissement et de contributions.
L’ANIWEB mène aussi tout au long de la semaine du 11 au 17 octobre 2024 une campagne digitale de sensibilisation des jeunes filles à une bonne et responsable utilisation des réseaux sociaux. Des contenus porteurs de sens seront diffusés dans le but d’atteindre un public très large. Ainsi l’ANIWEB qui fait de l’éducation numérique des citoyens nigériens entend poursuivre des actions pour un usage bénéfique des réseaux sociaux par les jeunes filles. -
Non, l’attaque de Cavaillon n’a pas causé de pertes en vies humaines


Selon une publication sur la page Facebook de l’internaute nommé Salif Warma, la France aurait été victime d’une attaque terroriste le 9 octobre 2024, entraînant des pertes humaines. C’est faux.
Cette publication, qui a rapidement suscité des centaines de réactions, affirme que l’attaque a causé la mort de plusieurs personnes, ainsi que des blessés. Par contre, l’auteur ne dit pas combien de personnes auraient été tuées.
La publication souligne également que la France est récemment confrontée à des attaques terroristes répétées, portant un coup dur à son économie et à une situation sécuritaire déjà fragile. Le texte se termine par une prière pour la protection de la France.
Accompagnée de deux images, la première montre des véhicules endommagés le long d’une voie barricadée par la police, tandis que la seconde illustre plusieurs voitures en flammes.
Attaque terroriste ou représailles de narcotrafiquants ?
Grace a des recherches par mots-clés sur les sites des médias français, ANIWEB a appris que quatre voitures de police ont été incendiées le 9 octobre vers 5 heures du matin devant le commissariat de Cavaillon, dans le Vaucluse. Les medias soulignent aussi que l’attaque a été commise en représailles à plusieurs opérations de police ciblant des trafiquants de drogue. En revanche, les autorités françaises ne parlent pas d’attaque terroriste.
Y a-t-il eu des pertes humaines ?
Contrairement à ce qui est rapporté dans la publication, aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée. Il n’y a pas eu de blessés, mais sept personnes vivant dans les appartements voisins ont été légèrement incommodées par les fumées. En termes de dégâts matériels, quatre véhicules ont été détruits, et la façade du bâtiment du commissariat a subi des dégradations dues à la fumée.
L’incendie des véhicules de police à Cavaillon est donc le résultat d’actes criminels liés au trafic de drogue et n’a pas entraîné de pertes humaines.
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Journée de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus pour les femmes, ainsi que du cancer de la prostate pour les hommes


Le réseau des Femmes pour la Sauvegarde de la Patrie (FESPa), en partenariat avec la Clinique AFOUA de Dr Ramatou Diop, a organisé une journée de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus pour les femmes, ainsi que du cancer de la prostate pour les hommes, ce mercredi 9 octobre 2024.
Prenant la parole, la Directrice de la Clinique AFOUA, Dr Ramatou Diop, a rappelé l’importance des campagnes de sensibilisation Octobre rose/Novembre bleu. Elle a souligné les quatre années d’engagement de sa clinique aux côtés de la population et a remercié chaleureusement la coordinatrice des Femmes Engagées, Mme Abdou Mariatou, pour sa mobilisation exceptionnelle.
Pour Maikoul Zodi, Président du Front Patriotique pour la Souveraineté, cette journée s’inscrit parfaitement dans les acquis de la souveraineté. Il a félicité les organisatrices pour le succès de cet événement.
Lançant officiellement la campagne, Mme Abdou Mariatou, coordinatrice du FESPa, a rappelé les enjeux d’Octobre rose et a exprimé sa gratitude envers Dr Ramatou Diop pour son soutien indéfectible. Elle a appelé toutes les femmes à se rendre dans les centres de santé pour des consultations régulières.
Des sketchs de sensibilisation et des chansons ont animé cette journée, à laquelle le public a répondu présent. -
Burkina Faso : non, Ibrahim Traoré n’a pas baissé le prix du sac de ciment à 2 000 FCFA


Une vidéo publiée sur TikTok est devenue virale, prétendant que le président burkinabè, Ibrahim Traoré, aurait annoncé une baisse drastique du prix du sac de ciment à 2 000 FCFA. Cependant, cette affirmation est fausse. Examinons les faits.
La vidéo en question, partagée par la page TikTok @moussaayouba76, dure 3 minutes et 12 secondes. Sur TikTok, la vidéo est titrée : « Ibrahim Traoré annonce de réduire le prix du ciment à 2 000 FCFA ».
Un contenu différent du titre
Pourtant, le contenu de la vidéo n’a rien à voir avec ce titre. Il s’agit d’un reportage de la télévision nationale burkinabè sur le lancement des travaux de construction d’une cimenterie dans le pays.
Dans ce reportage, le président Ibrahim Traoré mentionne l’importance de l’industrialisation et de l’exploitation des ressources locales. Il souligne que la nouvelle cimenterie transformera des matières premières disponibles au Burkina Faso en ciment, en vue d’une consommation locale. Il ajoute également que l’utilisation de technologies telles que l’énergie solaire pour accompagner cette production pourrait contribuer à la réduction des coûts dans l’avenir. Cependant, à aucun moment dans la vidéo, Ibrahim Traoré n’annonce une baisse immédiate du prix du sac de ciment à 2 000 FCFA.
Une recherche avec les mots-clés confirme que le président Traoré a bien présidé le 8 août la cérémonie de lancement de l’extension de l’usine de production de ciment de la société Ciments de l’Afrique (CIMAF). Cette extension comprend une unité de production d’argile calcinée et une centrale solaire, visant à moderniser et optimiser la production de ciment dans le pays.
Le prix actuel du ciment entre 5 000 et 6 000 FCFA le sac
Les données disponibles en ligne montrent que le sac de ciment au Burkina Faso coûte entre 5 000 et 6 000 FCFA, tandis que la tonne varie entre 100 000 et 110 000 FCFA. En mai 2024, des rumeurs de hausse des prix avaient circulé, mais des contrôles effectués par la Brigade mobile du contrôle économique et de la répression des fraudes avaient confirmé la stabilité des prix à ce moment-là.
L’information sur TikTok affirmant que le président Ibrahim Traoré a réduit le prix du sac de ciment à 2 000 FCFA est fausse. Elle a été inventée de toutes pièces et ajoutée à un reportage de la télévision burkinabè pour manipuler le message du président du Faso.
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Cette photo d’une liasse de billets n’a aucun lien avec les proches de Mohamed Bazoum


Une publication du groupe Facebook Niger-info, datée du 25 septembre 2024, affirme qu’une importante somme d’argent aurait été trouvée dans la résidence d’un ancien dignitaire du régime renversé de Mohamed Bazoum, aujourd’hui en fuite. C’est une intox.
Le groupe, qui compte plus de 26 000 membres, a partagé une photo montrant des lots de vieux billets de banque attachés et couverts de boue. Le post précise que l’argent, prétendument trouvé lors d’évacuation consécutive aux inondations récentes, serait d’une valeur de plusieurs dizaines de milliards, appartenant à une proche de l’ancien président Mohamed Bazoum, renversé lors du coup d’État du 26 juillet 2023.
Une image ancienne
Une recherche par image inversée a révélé que cette photo circule sur les réseaux depuis plusieurs années. En effet, la même image a été publiée plus de dix fois depuis 2022, sur X, YouTube, Instagram et TikTok, souvent accompagnée de commentaires en arabe. La même liasse de billets est montrée dans une publication sur une page Facebook en anglais, disant qu’elle a été trouvée à Maiduguri au Nigeria, sans aucune mention de lien présumé avec un dignitaire nigérien. Certains internautes ont même dénoncé le caractère mensonger de ces publications.
Un contexte de méfiance et de rumeurs post-coup d’État
Depuis le renversement du président Bazoum, plusieurs anciens dignitaires de son régime sont accusés de détournement de fonds publics. Certains ont quitté le Niger tandis que d’autres sont actuellement détenus. Parmi eux, plusieurs anciens ministres et autres hauts responsables. Des rumeurs sur la découverte de grosses sommes d’argent dans les domiciles de ces personnalités circulent depuis le coup d’État, mais preuves vérifiables.
Cette photo de liesses de billets date donc de plusieurs années et est utilisée dans différents contextes et différents pays. Elle n’a aucun lien avec les partisans de l’ancien président du Niger Mohamed Bazoum accusés de corruption. Son utilisation dans ce contexte relève de la manipulation de l’information.
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Robert Bourgi n’est pas un ancien ministre d’État français


Un post sur TikTok prétend qu’un ancien ministre d’État français a révélé comment la France a contribué à la chute de Laurent Gbagbo en 2012. Cette vidéo, mise en ligne le 26 septembre 2024 sur une page comptant plus de 70 500 abonnés, présente en réalité un extrait d’une interview de Robert Bourgi sur France 24.
Dans cet entretien de 4 minutes, Bourgi aborde plusieurs sujets liés aux relations entre la France et l’Afrique, notamment le cas de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.
Qui est Robert Bourgi ?
Une simple recherche en ligne avec des mots-clés permet de mieux comprendre son parcours. Sa biographie accessible sur plusieurs médias précise qu’il est né à Dakar (Sénégal) en 1945 dans une famille d’origine libanaise. Comme ses deux frères, il étudie le droit en France.
En 1986, Bourgi devient conseiller auprès de Michel Aurillac, alors ministre de la Coopération. Depuis, il a servi comme conseiller pour différents présidents français, notamment Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, et d’autres anciens ministres sur les affaires africaines. Mais nulle part, il n’est mentionné qu’il a été lui-même ministre.
Le contexte de sa déclaration
Robert Bourgi est l’auteur de l’essai Ils savent que je sais tout. Ma vie en Françafrique publié chez Max Milo en septembre 2024. Dans cet ouvrage, il dévoile notamment comment certains chefs d’État africains ont financé la classe politique française. Bourgi y fait des révélations sur les liens étroits entre d’anciens présidents français et leurs homologues africains.
Pendant plus de trente ans, Robert Bourgi a côtoyé les dirigeants de l’Afrique francophone, tels que Félix Houphouët-Boigny et Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Mobutu Sese Seko (RDC), Denis Sassou-Nguesso (Congo-Brazzaville), Abdoulaye Wade (Sénégal), etc. Parmi tous ces présidents, seul Omar Bongo (Gabon) l’appelait « Fiston », comme il le raconte lui-même.
Selon ses propres déclarations, ces dirigeants africains auraient envoyé jusqu’à 10 millions d’euros en liquide à Paris avant chaque échéance électorale en France, des opérations clandestines auxquelles Bourgi dit avoir joué un rôle clé.
Contrairement à ce qui est affirmé dans la vidéo TikTok, Robert Bourgi a été un conseiller influent de différents dirigeants français et africains, mais il n’a jamais été ministre.
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Non, le Maroc n’a pas créé la « Confédération du Sahel »

Une publication Facebook affirme que le Maroc aurait annoncé la création de la « Confédération du Sahel », comprenant le Maroc, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, dans le but de faciliter l’accès de ces pays à une initiative internationale soutenue par le Roi Mohammed VI. Cette affirmation est cependant trompeuse.
La publication, datée du 30 septembre 2024 et mise en ligne par la page Niger-info, est accompagnée d’une photo montrant cinq personnalités, parmi lesquelles les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Tchad. Les drapeaux de ces pays, ainsi que celui du Maroc, figurent sur l’image, avec en arrière-plan une affiche en arabe et en français mentionnant une initiative du Roi Mohammed VI. Cette affiche évoque une réunion tenue le 23 décembre 2023 à Marrakech, portant sur une « Initiative internationale de Sa Majesté le Roi Mohammed VI » visant à favoriser l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique.
Cependant, une recherche rapide sur Google en utilisant les mots-clés « création de la Confédération du Sahel par le Maroc » ne permet pas de corroborer cette information. Toutes les informations accessibles en ligne concernent la « Confédération de l’Alliance des États du Sahel » dont le Maroc ne fait pas partie.

Le Maroc ne fait pas partie de la Confédération des États du Sahel
La Confédération des États du Sahel a officiellement vu le jour le 6 juillet 2024 à Niamey, au Niger. Cette organisation regroupe le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Les chefs d’État de ces pays se sont engagés à doter cette Confédération de mécanismes pour faciliter le financement de politiques économiques et sociales communes, ainsi que la libre circulation des biens, des personnes et des services dans cet espace géographique. Le Maroc, bien que partenaire privilégié des pays sahéliens, ne fait pas partie de cette récente organisation régionale.
Précisions sur la photo de Marrakech
L’image accompagnant la publication sur les réseaux sociaux fait référence à une rencontre tenue le 23 décembre 2023 à Marrakech. Cette réunion, organisée dans le cadre de l’initiative du Roi Mohammed VI, a rassemblé les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Tchad. L’objectif de cette rencontre était de renforcer les liens entre les pays du Sahel et de faciliter leur accès à l’océan Atlantique, offrant ainsi de nouvelles opportunités de développement économique pour la région.
Le communiqué final de cette réunion souligne l’adhésion des pays participants à cette initiative, qui est perçue comme un levier important pour la transformation économique de la région. Le Maroc, par le biais de son ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, a réaffirmé son engagement à soutenir cette initiative d’envergure internationale.
Contrairement à ce qu’affirme la publication Facebook, le Maroc ne fait pas partie de la Confédération des États du Sahel. Bien que le royaume chérifien soit un acteur clé dans la région et soutienne des initiatives pour favoriser le développement des pays sahéliens, il n’est pas membre de cette organisation créée par le Niger, le Mali et le Burkina Faso.
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Ces sous-marins n’appartiennent pas au Niger

Une publication qui circule sur les réseaux sociaux prétend que le Niger dispose de sous-marins qui sécurisent les frontières de l’AES. Cette information est fausse
Ces images partagées sur la page Facebook « la cour de justice » montrent deux sous-marins avec l’indication « AES » sur l’un d’eux. Les images sont accompagnées d’une photo du Général Abdourahamane Tiani, président de la Transition du Niger. L’auteur du post prétend que les sous-marins « sont en train de quitter la marine au Niger » afin de sécuriser les frontières de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Les sous-marins présentés sont russes
Une recherche d’image inversée révèle que ces photos montrent en réalité des sous-marins russes, plus précisément le sous-marin nucléaire Ekaterinbourg, qui a été endommagé lors d’un incendie en décembre 2011. Un article de l’époque, intitulé « Un sous-marin nucléaire russe partiellement inondé pour éteindre un incendie », décrit cet incident. L’Ekaterinbourg, un sous-marin de la classe Delta IV, lancé en 1988, est équipé de 16 missiles balistiques intercontinentaux à têtes nucléaires, avec une portée maximale de 11 500 km.

Selon les autorités russes, toutes les armes nucléaires avaient été retirées du sous-marin avant sa mise en cale sèche pour des rénovations. De plus, ses réacteurs nucléaires avaient été désactivés pour des raisons de sécurité.
La seconde image partagée montre un autre sous-marin russe, le Novomoskovsk, qui avait terminé sa modernisation en 2009. Il s’agit d’un sous-marin de la flotte de Severodvinsk, comme l’a rapporté le site blog.livedoor.jp en octobre 2009.
Le Niger, un pays enclavé, ne possède pas de sous-marins
Contrairement à ce que prétendent ces publications, le Niger ne possède pas de sous-marins. Comme l’explique Abass Abdoul Moumouni, analyste des questions de défense : « Le Niger est un pays enclavé et n’a pas de sous-marin. En tant que signataire du droit maritime, il peut accéder à la mer à travers ses voisins, comme le Bénin ».
Ces images et informations ont été déformées pour véhiculer une fausse nouvelle sur les capacités militaires du Niger.
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Mahamadou Issoufou ne figure pas sur la liste des dix personnalités les plus riches du monde

Un post publié le 14 septembre 2024 dans le groupe Facebook « 1 million de Nigériens » par un certain Gamatché Abdoulaye prétend que l’ancien président du Niger, Mahamadou Issoufou, figurerait dans le classement Forbes des dix personnalités les plus riches au monde. Il s’agit d’une infox.
Selon cette publication, Mahamadou Issoufou occuperait la dixième place du célèbre classement Forbes avec une fortune estimée à 122,5 milliards de dollars. Il y est cité en compagnie des plus grands milliardaires, avec en tête de liste Elon Musk, fondateur de Tesla et SpaceX, et Jeff Bezos, fondateur d’Amazon.

Manipulation des données
Une recherche avec les mots clés « Liste Forbes personnalités les plus riches du monde septembre 2024 » a permis à ANIWEB de retrouver le classement authentique des dix milliardaires les plus riches du monde. On y retrouve en premier Elon Musk (243,7 milliards de dollars), Jeff Bezos (197 milliards), Bernard Arnault (189,7 milliards), Mark Zuckerberg (180,5 milliards), Larry Ellison (174,7 milliards).
La liste dominé par les Américains est complétée par Warren Buffett (149,9 milliards de dollars), Bill Gates (137,2 milliards), Larry Page (136,1 milliards) Sergey Brin (130,4 milliards) et enfin Steve Ballmer (122,5 milliards de dollars).
Comme on peut le constater, l’ancien président nigérien ne fait pas partie de cette liste. L’auteur de la publication qui circule sur Facebook a simplement remplacé le nom de Steve Ballmer, dixième de la liste Forbes et ancien PDG de Microsoft, par celui de Mahamadou Issoufou, sans modifier le montant de la fortune attribuée.
La fortune de Mahamadou Issoufou
Même si l’ancien président du Niger ne figure pas sur la liste des grands milliardaires, sa fortune a considérablement augmenté vers la fin de son mandat. Sa richesse a presque doublé en un an, passant de 1,3 milliards en 2019 à 2,3 milliards en 2020, selon le rapport de la Cour des comptes pour l’exercice 2020 cité par ActuNiger.
Après son départ du pouvoir en 2020, Issoufou a créé une fondation humanitaire qui porte son nom et a été lauréat du prix Mo Ibrahim récompensant la bonne gouvernance en Afrique. Cependant, il continue d’être « cerné » par les affaires de détournement et de corruption présumés qui ont marqué son mandat.
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Les images prétendant montrer un corbillard transportant des armes ne proviennent pas du Niger

Une publication diffusée le 18 juillet 2024 sur la page Facebook La patrie ou la mort prétend que des armes et des munitions ont été saisies par l’armée nigérienne dans un corbillard, sans préciser la date ni le lieu. Cette histoire et les photos qui l’accompagnent datent de plusieurs années et sont sorties de leur contexte.
La publication, repartagée 57 fois, affirme que le véhicule funéraire, censé se rendre au cimetière, transportait des armes destinées à des groupes terroristes opérant au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), « précisément au Niger ». Trois photos illustrent ces affirmations : la première montre des militaires interceptant un véhicule blanc, la deuxième les montre soulevant un cercueil, tandis que la troisième révèle des armes et des munitions dissimulées dans ce dernier. Le texte accompagne ces images d’accusations contre « l’impérialisme », désigné comme responsable de ce « complot ».

Des photos trompeuses qui datent de 2016
Toutefois, une recherche d’images inversées effectuée à l’aide de Google Lens révèle que ces clichés ne sont ni récents ni pris au Niger. ANIWEB a retrouvé les photos sur le site Exclusif.net, où elles ont été publiées le 31 mars 2016 dans un article intitulé « Nigéria: Un cercueil contenait des munitions de Boko Haram, entre les mains de l’armée ».
Cet article précise que l’armée nigériane avait intercepté des individus déguisés en pasteur, religieuses et en épouse d’un défunt fictif. Il ajoute qu’à l’intérieur du cercueil, au lieu d’un corps, les militaires avaient découvert des armes et des munitions destinées au groupe djihadiste Boko Haram.
Les mêmes photos et le récit qui les accompagne ont ensuite été publiés sur le site Les Echos de Brazzaville, dans un article publié en octobre 2019.
En outre, les uniformes des militaires visibles sur les photos diffèrent nettement de ceux portés par les forces armées nigériennes, notamment en ce qui concerne leurs bérets.
Ainsi, les images partagées dans cette récente publication sur Facebook sont décontextualisées. Elles proviennent vraisemblablement du Nigeria et ne sont en aucun cas liées à un événement survenu au Niger en 2024.
