-
La France est-elle sortie de l’euro ?


Une vidéo publiée sur le compte TikTok «@actu.infos8 » affirme que la France s’est retirée de la zone euro, annonçant la fin de la monnaie européenne. Toutefois, cette information est complètement infondée.
La vidéo, mise en ligne le 29 octobre, a recueilli plus de plus de 200 commentaires et plus de 8000 partages. Elle prétend que l’euro, monnaie commune de l’Union européenne, prendrait fin avec le retrait de la France. Selon la vidéo, « la France sort de l’euro » et incite la population française à retirer leur argent des banques dans un délai de six mois.
Les abonnés sont invités à écouter une journaliste qui présente cette information, prétendument diffusée sur une chaîne de télévision. La journaliste décrit les conséquences de cette annonce, en évoquant des files d’attente massives devant les guichets des banques, et affirmant que « les Français s’interrogent, ne sachant pas ce que l’avenir leur réserve, et veulent retirer leur argent ».
Une vidéo tirée d’un documentaire-fiction et détournée de son contexte
Une recherche approfondie, menée en utilisant les mots-clés « reportage sur la fin de l’euro », a permis de retracer la source des images. Elles proviennent d’un documentaire-fiction intitulé « Fiction : Et si la France sortait de l’Euro, épisode 1 », diffusé le 19 août 2021 par le magazine Capital spécialisé dans l’économie. Il s’agit d’un reportage fictif qui explore les conséquences d’un éventuel retrait de la France de la zone euro pour ses citoyens et ses entreprises. Le magazine Capital précise que la vidéo a été produite par sa rédaction en 2012.
La vidéo publiée sur la page TikTok ne précise pas qu’il s’agit d’une fiction et déforme ainsi le contexte de la vidéo originale. La France demeure, quant à elle, pleinement membre de la zone euro.
-
Cette vidéo ne montre pas des femmes libanaises réclamant le droit de se marier avec des hommes noirs

Le compte TikTok @mrmalcomxx a partagé une vidéo prétendant montrer une manifestation de femmes libanaises revendiquant le droit de se marier avec des hommes noirs. Cependant, cette vidéo correspond en réalité à une protestation datant de 2014, au cours de laquelle des femmes dénonçaient les violences domestiques au Liban.
D’une durée de 16 secondes, la vidéo publiée le 26 novembre 2024 est devenue virale, accumulant plus de 7 000 commentaires et plus de 13 000 partages. Dans cette vidéo, on peut voir plusieurs femmes manifestant dans une rue, brandissant des pancartes et des banderoles avec des messages écrits en arabe. Deux d’entre elles répètent un message à l’aide de haut-parleurs. Sur l’une des pancartes, une photo est visible, mais le texte est flou.
En haut de la vidéo est écrit : « Des femmes libanaises veulent se marier avec des mecs noirs elles manifestent dans la rue ! ».
Une vidéo dénonçant les violences domestiques
Une recherche approfondie à l’aide des mots-clés « les femmes manifestent au Liban » nous a permis de retracer la source de ces images. Elles proviennent en réalité d’un reportage de l’Agence France Presse daté du 8 mars 2014, intitulé : « Liban : des femmes dans la rue contre les violences domestiques ». Cette manifestation coïncidait avec la Journée internationale des droits des femmes. Dans le reportage d’une minute 15 secondes, une manifestante traduite en français dit ceci : « J’ai expliqué à mes enfants pourquoi nous manifestons aujourd’hui. Je souhaite qu’ils sachent ce qui est juste et ce qui est mauvais. Je vais leur apprendre la notion du bien et du mal. » L’un des messages affichés sur une pancarte se lit comme suit : « Ensemble, mettons fin à la violence domestique ».
En résumé, la manifestation des femmes libanaises de 2014 visait à dénoncer les violences domestiques dont elles sont victimes, et non à revendiquer le droit de se marier avec des hommes noirs.
-
Une monnaie de l’AES est –elle en circulation ? C’est faux !

Une publication sur le compte Tik TOK de Soulé Guembre annonce une série de nouveautés introduites par les chefs d’état de l’Alliance des Etats du Sahel(AES). Parmi elles figurent la nouvelle monnaie qui serait sortie. Cette information est fausse.

Ce compte TikTok, qui compte plus de 40 000 abonnés, a publié ce post le 26 novembre. Celui-ci a généré en quelques jours plus de 2000 commentaires et de 4 000 partages. La publication affirme que la fin du franc CFA est actée au Sahel avec l’introduction de cette nouvelle monnaie, ce qui aurait suscité même l’émotion du président français Emmanuel Macron. Selon cette vidéo, « l’Alliance des États du Sahel frappe puissamment, mettant l’Occident à terre ». Elle précise également que ces changements dérangent l’Union européenne. La nouvelle monnaie de la zone Sahel, proposée par Ibrahim Traoré, le président de transition du Burkina Faso, serait désormais en concurrence avec le dollar.
La vidéo, d’une durée d’une minute et sept secondes, est accompagnée d’une série d’images : des nouveaux billets de banque, des pièces de monnaie, des coupures de billets du franc CFA, les drapeaux et chefs d’État du Mali, du Burkina Faso et du Niger, une caricature du président français, le siège de la BCEAO, les drapeaux de l’Union européenne, la photo de Poutine, des avions et un aigle. Sur les présumées nouvelles coupures de billets, on peut lire : « Alliance des États du Sahel », « 200 Wari », « 10 billets sahéliens = 1 000 francs CFA », et sur certaines coupures, les mentions « 1 000 » et « 5 000 » sont visibles. Des pièces de monnaie de 1 dollar figurent également parmi les images.
Aucune communication officielle n’a annoncé une nouvelle monnaie
Une recherche en ligne avec les mots-clés « sortie monnaie de l’Alliance des États du Sahel » ne donne aucun résultat concret. L’analyse des coupures de billets diffusées dans la vidéo révèle des incohérences, notamment au niveau de la dénomination : certains billets mentionnent « Wari », tandis que d’autres portent le nom « Sahel ».
De plus, aucune communication officielle sur la mise en circulation de cette nouvelle monnaie commune entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger n’a été faite par les médias officiels de ces pays. Il n’y a aucune mention de cette information sur leurs sites ou sur leurs comptes officiels.
Une nouvelle monnaie évoquée, mais pas encore concrétisée
Certes, l’éventualité de la création de cette a été un sujet assez évoquée après la création de l’alliance des états du sahel par des articles de presse et même par des dirigeants de l’espace.
Le Général Tiani, chef de l’Etat du Niger, a fait part le 11 février 2024 du lancement d’une réflexion de l’AES sur la sortie de la Zone franc et la création d’une monnaie commune, pour recouvrer leur « souveraineté totale » et cesser d’être la « vache à lait » de la France.
Les pays de l’AES toujours membres de l’UEMOA
Les pays de l’AES sont toujours membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine(UEMOA), une organisation qui regroupe les pays ayant le F CFA en commun.
En mai et octobre 2024 le Burkina Faso et le Niger ont souscrit aux bons et obligations du trésor sur le marché communautaire après la création de leur l’alliance et leur annonce de retrait de la CEDEAO.
Le sommet des chefs d’état de la confédération tenue le 06 juillet 2024 à Niamey qui a décidé de la création d’une banque d’investissement de l’AES et la mise en place d’un fonds de stabilisation mais n’a pas évoqué dans son communiqué final la question de la création de la nouvelle monnaie commune aux trois pays.
Les pays membres de la confédération de l’AES n’ont pas jusqu’ici mis en circulation une nouvelle commune pour remplacer le franc CFA.
-
Cette vidéo annonçant l’arrestation de l’ancien Premier ministre malien Choguel Maïga a été fabriquée de toutes pièces

Le 19 novembre 2024, une vidéo de 13 secondes publiée par le compte TikTok @hassana.samassekou affirme que l’ancien Premier ministre malien Choguel Maïga aurait été arrêté par les forces de l’ordre. Cependant, cette information est fausse. La vidéo, générée à l’aide d’une intelligence artificielle, propulse une rumeur infondée.

Dans cette vidéo, il est affirmé que l’ancien Premier ministre malien Choguel Maiga aurait été arrêté par les forces de l’ordre ce même jour et que son jugement serait prévu pour le 15 janvier 2025. La vidéo a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, accumulant plus de 1 000 partages et 90 commentaires.
Une information totalement fabriquée
Cependant, une recherche approfondie dans les médias maliens révèle que Choguel Maïga était toujours en poste en tant que Premier ministre le 19 novembre 2024, date de publication de la vidéo. Ce n’est que le lendemain, le 20 novembre, qu’il a été démis de ses fonctions par décret du président malien Assimi Goïta, comme l’a annoncé le secrétaire général de la présidence, Alfousseyni Diawara, sur la télévision publique ORTM.

Choguel Kokalla Maïga a passé le témoin au général de division Abdoulaye Maïga le vendredi 22 novembre 2024.
Aucune information crédible, ni dans les médias maliens ni ailleurs, n’a confirmé l’arrestation de Choguel Maiga, que ce soit avant ou après son éviction de la primature le 20 novembre. L’annonce de son arrestation est donc totalement fabriquée.
De plus, la vidéo en question, qui diffuse cette fausse information, a été générée à l’aide de l’application d’intelligence artificielle DreamFace, comme en témoigne la signature visible sous la vidéo.
-
Non, le Togo n’a pas quitté la CEDEAO

Une vidéo d’une minute et neuf secondes, partagée sur le compte TikTok VANDISK, annonce le retrait de la République du Togo de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour rejoindre la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette information est fausse.

«Attention, attention, l’heure est grave. On vient de retirer le Togo de la CEDEAO… Le Togo vient de rejoindre l’AES le 17 novembre 2024 au Palais des Congres de Lomé», dit une voix qui semble générée par intelligence artificielle. « Suite à cette décision, Emmanuel Macron est sous le choc et ne croit pas à ses oreilles », ajoute la voix dans cette publication qui a recueilli plus de 600 commentaires et plus de 1 600 partages. La vidéo prétend que cette décision aurait été prise à la suite d’un ultimatum du président du Burkina Faso, qui aurait demandé à son homologue togolais de « renvoyer tous les Blancs résidant au Togo ».
Des photos des présidents Ibrahim Traoré (Burkina Faso), Abdourahamane Tiani (Niger), Assimi Goita (Mali), Faure Gnassingbé (Togo), ainsi que de Vladimir Poutine (Russie) et les drapeaux du Burkina Faso et du Mali sont utilisées pour illustrer le message.
Aucune information confirmant ces propos dans les médias togolais
Une recherche sur Google à l’aide des mots-clés ne conduit à aucune information confirmant les propos relayés par la publication. De plus, une vérification sur les canaux de communication des institutions Togo n’a pas permis de retrouver une information crédible à ce sujet.
Le Togo reste donc membre de la CEDEAO. Lors du 65e sommet ordinaire de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de cette organisation, tenu à Abuja, au Nigéria, le 7 juillet 2024, le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé a été sollicité pour appuyer le facilitateur Bassirou Faye du Sénégal, représentant de la CEDEAO, dans les discussions avec les pays de l’AES.
En somme, le Togo n’a annoncé ni son retrait de la CEDEAO, ni son adhésion à l’AES, même s’il entretient de bonnes relations avec ce dernier.
-
Une annonce de vente aux enchères prétendument organisée par les Douanes nigériennes est fausse

Un post du 13 novembre sur Facebook prétend être un communiqué du Directeur Général des Douanes nigériennes, invitant les intéressés à s’inscrire via un numéro WhatsApp pour participer à une vente aux enchères de véhicules. Cette annonce est, en réalité, une escroquerie.

Publié le 13 novembre 2024 sur le compte Facebook nommé New Info, ce message indique que les véhicules sont en parfait état et prêts à être utilisés. Chaque participant serait assuré d’acquérir au moins un véhicule à prix réduit. Les inscriptions se feraient par le biais d’un numéro WhatsApp moyennant des frais d’inscription fixés à 100 000 F CFA. Le message contient également une liste de marques de véhicules disponibles, avec leurs prix et quantités.
Une autre arnaque
L’analyse de plusieurs indices suggère qu’il s’agit d’une escroquerie. Tout d’abord, la page New Info ayant publié ce message est récente et n’a fait aucune autre publication avant le 13 novembre. La seule autre publication, publié cette même date, ne montre que le drapeau du Niger.
Ensuite, il n’existe aucune annonce de vente aux enchères sur la page Facebook officielle de la Direction générale des douanes nigériennes au mois de novembre. Enfin, la dernière circulaire signée de la Direction générale des douanes le 15 octobre et publiée sur sa page Facebook porte le numéro No 00035 et porte la signature du Directeur général Abou Oubandawaki, tandis que la circulaire supposée annoncer la vente aux enchères sur New Info le 13 novembre porte le numéro 000001 et ne porte aucun nom du signataire. Tous ces éléments montrent que ce communiqué de la supposée vente aux enchères n’est pas authentique.
Démenti officiel de la Direction Générale des Douanes
Dans un communiqué en date du 14 novembre 2024, le Chef du Service des Relations Publiques et de la Communication des Douanes, le Lieutenant-Colonel Saley Amadou Djingarey, a confirmé que la Direction Générale des Douanes a constaté la « recrudescence » de publications sur les réseaux sociaux concernant une prétendue vente aux enchères de véhicules administratifs appartenant à la Douane.
Le communiqué officiel précise que le Directeur Général des Douanes «dément formellement ces publications » et met en garde l’opinion publique contre les individus malintentionnés à l’origine de ces actes, qu’il qualifie de « pure escroquerie ».
Une fausse annonce similaire avait circulé au mois de juillet.
-
Ces propos ne sont pas du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye

Une publication circulant sur les réseaux sociaux attribue à Bassirou Diomaye Faye, le président du Sénégal, des propos dans lesquels il demanderait à ses collaborateurs de ne pas afficher sa photo dans leurs bureaux. Cependant, ces déclarations proviennent en réalité du discours d’investiture de Volodymyr Zelensky en 2019.

Une publication sur la page Facebook « Tsaku Plus » rapporte que le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, aurait « rappelé à ses collaborateurs qu’il n’est ni un Dieu ni une icône, mais un serviteur de la Nation ». Le post, accompagné d’une photo du Président Faye, affirme également que ce dernier aurait demandé de ne pas afficher ses photos dans les bureaux, mais plutôt celles des membres de la famille, afin de se souvenir de leurs responsabilités. Il serait également mentionné qu’il les encourage à prendre des décisions en pensant à l’impact sur leur famille et à ne pas céder à la tentation de la corruption.
Ces propos proviennent du discours d’investiture du président ukrainien Zelensky
Une recherche utilisant les mots-clés « ne pas afficher la photo du président Faye » sur Google a permis de retrouver un démenti de l’Agence sénégalaise de presse (ASP) qui précise que « les propos selon lesquels Bassirou Diomaye Faye aurait demandé à ses compatriotes de ne plus accrocher sa photo dans les bureaux n’ont pas été tenus par le président sénégalais ».
De plus, une vérification des comptes officiels sur les réseaux sociaux de la Présidence du Sénégal, ainsi que ceux du Président lui-même, n’a pas permis de retrouver ce texte.
On retrouve ces propos dans le discours d’investiture du président ukrainien Volodymyr Zelensky du 20 mai 2019, où il disait ceci : « Je ne veux vraiment pas que mes photos soient dans vos bureaux, car le président n’est ni une icône, ni une idole ni un portrait. Accrochez plutôt les photos de vos enfants et regardez-les chaque fois que vous prenez une décision. »
-
Non, la décision du Niger d’interdire l’exportation des céréales n’est pas une sanction contre la CEDEAO

Une publication du 20 octobre dernier sur le groupe Facebook « Alliance des États du Sahel (AES info 24/7) » par un internaute nommé Fayçal Alhousseini affirme que le Niger a sanctionné la CEDEAO en interdisant l’exportation de céréales vers ses pays membres. Cette mesure serait une nouvelle étape dans la quête de souveraineté des pays de l’AES.
Selon cette publication, le Niger a franchi un pas décisif vers la souveraineté en interdisant l’exportation de céréales vers les pays de l’organisation communautaire, à l’exception du Burkina Faso et du Mali, avec lesquels il forme l’Alliance des États du Sahel (AES). La décision aurait des conséquences lourdes pour des pays comme le Nigeria, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Sénégal, et, dans une certaine mesure, le Togo, qui dépendraient en grande partie du Niger pour leur approvisionnement en céréales, essentielles à leur alimentation.
Présenté comme l’un des plus grands producteurs des produits céréaliers dans la sous-région, le Niger, à travers cette décision, chercherait à sécuriser son marché intérieur tout en renforçant ses liens avec le Burkina Faso et le Mali. La publication souligne également que cette décision reflète la volonté du Niger de bâtir une économie résiliente et de protéger ses ressources tout en solidifiant sa coopération avec ces pays de l’AES.
Sanction de la CEDEAO ou protection de la consommation intérieure ?
Dans un communiqué du Secrétariat général du gouvernement du 16 octobre 2024, le Niger a effectivement interdit l’exportation des produits céréaliers, notamment le rix paddy, le riz blanc, le mil, le sorgho et le maïs. Cette interdiction ne concerne pas les pays de l’AES. Mais en justifiant cette décision, les autorités nigériennes n’ont pas évoqué de sanction à l’égard de la CEDEAO. La seule raison évoqué est « le souci de protéger l’approvisionnement du marché intérieur » et « rendre accessibles les denrées de grande consommation ».
L’économiste et consultant Dr. Siradji Chaibou souligne qu’il s’agit d’une intervention protectrice de l’économie nigérienne, nécessaire compte tenu de la situation difficile que traverse le pays. L’État a la responsabilité de réguler l’économie, dont l’agriculture est le pilier principal, dit-il.
Le Niger n’est pas un fournisseur majeur de la CEDEAO en céréales
Contrairement à ce qui est affirmé dans la publication, le Niger n’est pas un fournisseur majeur de la CEDEAO en céréales. Sa production, largement tributaire de la saison hivernale, ne couvre pas l’intégralité de ses besoins alimentaires. En 2023, le pays a même connu des problèmes d’insécurité alimentaire malgré une campagne agropastorale globalement satisfaisante.
En Afrique de l’Ouest, bien que le Niger soit le deuxième producteur de mil et de niébé après le Nigeria, il ne figure pas parmi les cinq premiers producteurs de riz. Selon une étude du Réseau national des chambres d’agriculture du Niger (RECA), la production de maïs est marginale, et celle de riz demeure très faible malgré les efforts en matière d’aménagement hydro-agricole.
En résumé, la mesure d’interdiction d’exportation des céréales par les autorités nigériennes ne constitue pas une sanction contre les pays de la CEDEAO. Elle vise plutôt à garantir la sécurité alimentaire dans un pays qui a récemment subi d’importantes inondations ayant causé des dégâts significatifs sur le plan agricole.
-
Faux, le pétrole nigérien n’a pas été raffiné en France sous Mamadou Tandja


Une récente publication sur le compte X @AzizHassoumi prétend que, durant la présidence de Tandja Mamadou, la France aurait obligé le Niger à raffiner son pétrole dans l’Hexagone.
« Au temps du PR Tandja Mamadou, paris refuse à ce que le pétrole du Niger soit raffiné sur place, il faut transporter le brut en France, le raffiné et revenir vendre ça au nigériens», dit l’auteur. « Il ya des choses qui dépasse l’entendement c’est pourquoi les bornés pensent que c’est du blabla », ajoute-t-il
Le post, publié le 14 octobre 2024, a suscité l’intérêt, recueillant plus de 3000 vues et des dizaines de partages. Mais beaucoup d’internautes qui ont réagi à cette publication ont tout de suite souligné qu’il s’agissait d’une fausse information.
Le Niger n’était producteur du pétrole à l’époque du président Tandja
L’équipe d’ANIWEB a mené une recherche à l’aide des mots clés pour vérifier cette information. Les résultats montrent que même si le président Mamadou Tandja est celui qui a négocié l’exploitation du pétrole nigérien avec la Chine en 2008, le Niger n’a pas produit de pétrole sous sa présidence (1999-2010). De son indépendance en 1960 à 2022, le Niger était importateur des produits pétroliers. C’est la Société nigérienne des produits pétroliers (Sonidep) créée en 1977 qui était chargée de cette mission.
Le Niger a commencé à exploiter son pétrole en 2011, avec la mise en exploitation des blocs d’Agadem situés dans la région de Diffa, au sud-est du pays par la Société nationale d’exploitation de pétrole de Chine(CNPC). Et depuis lors, le pays raffine quelque 20 000 barils par jour, essentiellement du gasoil et de l’essence à Zinder, dans le centre-est du pays où une raffinerie a été inaugurée le 28 novembre 2011.
« Avant l’activité de la CNPC au Niger, la question du raffinage du pétrole nigérien ne se posait pas. Il n’y avait que des sociétés d’exploration notamment des entreprises canadiennes et américaines », témoigne Sanda Bagale, spécialiste de la question pétrolière au Niger.
A partir du 19 mai 2024 , le Niger intègre le cercle des pays exportateurs du pétrole brut grâce à un pipeline qui relie les champs d’Agadem au port de Semé Kpodji de Cotonou (Bénin).
En somme, cette publication qui circule sur X est erronée. Le pétrole nigérien n’a pas été raffiné en France sous la présidence de Mamadou Tandja, période durant laquelle le pays n’était pas encore producteur.
-
Faux : les bus du « Grand Ouaga Mobilité » n’ont pas été acquis sur fonds propres

Une publication Facebook relayée par de nombreux internautes, affirme que de nouveaux bus destinés au Projet de Mobilité Urbaine du Grand Ouaga (PMUGO) ont été acquis sans recours aux fonds propres de l’État. Cette publication ajoute : « IB c’est l’homme, on n’a même pas encore fini de fêter l’acquisition de la fois passée et bimmmm, c’est venu encore. NB : C’est fonds propres si on veut, on y rentre dedans, sinon on y met du bétail, c’est pour nous sans crédit. »

Un projet qui date de 2016
Une recherche avec les mots clés « projet Grand Ouaga Mobilité » sur Google permet de mieux comprendre le contexte de ce projet.
Selon L’Economiste du Faso, « Il est nécessaire de remonter à la Conférence des partenaires du Burkina Faso, tenue en décembre 2016 à Paris, pour saisir les origines du Projet de Mobilité Urbaine du Grand Ouaga (PMUGO). À cette occasion, le projet a été soumis à la recherche de financements. En marge de cette rencontre, une approche a été établie entre les délégations burkinabè et la société suédoise Scania, culminant le 8 décembre 2016 avec une proposition de mise en place d’une solution durable de mobilité à Ouagadougou. »
D’après l’Agence Ecofin, le processus du projet a été relancé en 2021 lors d’une table ronde organisée le 9 septembre 2021 à Ouagadougou et « qui a mobilisé des partenaires au développement, a permis de revisiter les étapes déjà parcourues jusqu’ici pour la mise en œuvre de ce projet ». Le media ajoute que « le PMUGO sera exécuté par Scania West Africa, filiale du géant suédois Scania, en collaboration avec RATP Coopération. » La Convention entre Scania West Africa et la ville de Ouagadougou sera signée en 2023.
En 2023, la convention a finalement été signée. Le 7 juillet 2023, une cérémonie a eu lieu à l’hôtel de ville entre la commune de Ouagadougou et la société Scania West Africa. Dans le cadre du PMUGO, cette société a été chargée de fournir des véhicules, des produits associés, des services connexes et des prestations pour le bénéfice de la SOTRACO.
Au total, près de 300 bus devraient être déployés pour améliorer la mobilité urbaine.
En conclusion, toutes les sources indiquent que le projet du Grand Ouaga Mobilité a nécessité la mobilisation de fonds auprès de partenaires étrangers et n’a pas été financé exclusivement par les fonds propres de l’État burkinabé.
